Lire, écrire, créer pour retrouver le goût de la lecture

Quand lire devient difficile, forcer ne suffit pas toujours. Écriture, création et lecture combinées peuvent former un chemin pour retourner vers les livres.

⏳ Retrouver le goût de la lecture – Temps de lecture ~14 minutes

Fauteuil vide avec livre entrouvert, téléphone posé à distance et tasse à moitié vide, symbole du désir de retrouver le goût de la lecture sans se forcer.
Un livre posé sur l’accoudoir, un téléphone retourné plus loin, une tasse encore tiède. Parfois, retrouver le goût de la lecture ne commence pas par ouvrir un chapitre, mais par recréer un lieu où l’attention peut revenir doucement.

Introduction sur une envie de voyager

Parfois je veux profiter du calme du soir pour voyager un peu dans un livre, faire une parenthèse dans la journée. Des journées où il y a bien souvent trop d’onglets, de messages lus en diagonale, de notifications, de pensées commencées et immédiatement abandonnées.

Mais parfois les phrases ne tiennent pas. Je lis sans être dedans, le regard déjà sur la page suivante sans avoir vraiment traversé celle en cours. Bref, je n’ai pas mon attention.

Dans ces moments, je prends un carnet pour écrire quelques lignes. Pas pour produire mais plutôt pour ralentir mon esprit. Rapidement je constate qu’un premier fil est là. Mon cerveau trouve petit à petit un endroit où se poser un peu. Puis, doucement, je parviens ensuite à entrer dans la lecture.

On cherche souvent à retrouver l’attention en lui enlevant quelque chose. Le téléphone, les notifications, le bruit. Mais une attention vide sans objet retourne vite vers le premier stimulus disponible. Elle a aussi besoin qu’on lui redonne quelque chose. Un fil, une matière, un endroit où rester.


Supprimer ne suffit pas toujours

Bien sûr la déconnexion aide. Couper les notifications, éloigner le téléphone, faire le silence autour de soi. Ce sont de vrais gestes, utiles et que j’évoque souvent dans les articles.

Mais il arrive qu’on coupe tout et qu’on reste là, dans le silence, incapable de commencer quoi que ce soit de long. L’attention semble ne plus être là. Elle tourne à vide, cherchant quelque chose dans lequel tenir.

La question n’est donc pas seulement : que dois-je supprimer ? Elle est aussi : quel geste peut accueillir mon attention et lui donner une raison de rester ?


Revenir à la lecture par le côté

Quand la lecture est devenue inaccessible, insister ne suffit pas toujours. On ouvre le livre, on se rend vite compte que ça ne veut pas et on le referme, souvent frustré.

Ce que j’ai découvert, plus par essais successifs que par théorie, c’est qu’on peut parfois revenir à la lecture par un détour. En commençant par autre chose, écrire quelques lignes ou créer quelque chose. Ces gestes mobilisent une attention voisine sans demander d’emblée la même endurance. Ils réchauffent le moteur si on peut faire une analogie, avant de lui demander de tenir sur la durée.

Il est très intéressant d’observer ces trois gestes, lire, écrire, créer qui peuvent s’entraider l’un l’autre sans se concurrencer.

J’ai appris que l’attention ne se répare pas en la forçant. Elle se réhabite dans des gestes qui lui donnent un rythme, une matière et une trace.


Lire : suivre assez longtemps une pensée qui n’est pas la nôtre

Pourquoi lire est parfois difficile ?

Lire vraiment, c’est accepter de suivre pendant quelque temps le chemin tracé par quelqu’un d’autre. On peut s’interroger, résister, imaginer et interpréter. Mais avant de tirer nos conclusions, il faut rester assez longtemps pour comprendre. Sans changer de direction à chaque phrase.

Beaucoup de nos usages numériques nous habituent à contrôler rapidement le parcours : choisir, sauter, ouvrir un autre lien, revenir en arrière. La lecture profonde nous demande parfois une autre posture : accepter de suivre suffisamment longtemps un fil que nous n’avons pas nous-mêmes construit. C’est une posture différente qui peut être inconfortable selon l’énergie que l’on a sur le moment.

Ce qui interfère le plus avec cette posture, la recherche l’a bien documenté. Une méta-analyse publiée dans Psychonomic Bulletin & Review, portant sur 25 études, a établi une corrélation négative significative entre la divagation mentale et la compréhension en lecture. Quand l’esprit part ailleurs, le texte ne tient plus. Ce n’est pas nécessairement un défaut de volonté. La divagation mentale peut avoir de nombreuses causes, mais lorsqu’elle survient pendant la lecture, elle est généralement associée à une compréhension plus faible du texte.
(Bonifacci, P. et al. (2022). The relationship between mind wandering and reading comprehension: A meta-analysis. Psychonomic Bulletin & Review, 30(1), 40-59.)

Et quand l’attention décroche, ce qui peut arriver souvent au début ou lorsque notre esprit est saturé, revenir est le geste essentiel. Juste revenir sans se juger bien sûr d’être parti. Puis, à force de revenir, on peut progressivement retrouver une familiarité avec le fait de rester dans un même texte.

Une revue publiée en 2025, fondée sur 43 publications, a identifié plusieurs chemins par lesquels la lecture pour le plaisir peut soutenir le bien-être : créer un espace à distance des stress quotidiens, renouer avec la lecture, stimuler la réflexion, changer de perspective ou réveiller des souvenirs.
(Sirisena, M. et al. (2025). Reading for wellbeing: a realist review of evidence. Health Promotion International.)

Si tu veux comprendre tout cela, l’article pilier développe pourquoi la lecture profonde devient difficile à notre époque.

Pourquoi je n’arrive plus à lire — ce qui se passe vraiment


Écrire : donner une forme à ce qui se disperse

Carnet ouvert avec lignes manuscrites floues et espace blanc éclairé par une lumière chaude, symbole du lien entre écriture et concentration pour retrouver le goût de la lecture.
Quand lire devient difficile, écrire quelques lignes peut parfois ouvrir un détour. La pensée ralentit, une trace apparaît, l’attention retrouve une matière où se poser. Ce n’est pas encore revenir au livre, mais c’est déjà revenir à un fil.

J’ai deux livres derrière moi. Le premier était venu comme un challenge. Le second, un thriller psychologique sombre, m’a permis de faire la paix avec des tourbillons dans ma vie. Deux étapes différentes, deux livres très différents. Et aujourd’hui, un troisième projet se dessine : vingt-deux histoires indépendantes, reliées par un fil. Jour après jour, le projet s’affine. Et comme souvent, avec le plaisir pris dans cette aventure, le chemin est plus riche que la destination.

Ce que j’ai appris en écrivant : l’écriture n’est pas la transcription d’une pensée déjà formée. C’est le processus par lequel une pensée prend forme. On s’explore, on se surprend, on apprend, on transmet. Et bien sûr, on y dépose un peu de soi.

Écrire oblige à ralentir assez pour choisir un mot. Pas n’importe lequel, celui-là. Et dans ce choix, l’attention est convoquée différemment : elle ne glisse pas, elle revient, hésite, tranche. Elle laisse une trace visible de son passage.

L’écriture manuscrite engage en plus le corps dans le geste. La main ralentit encore plus que la pensée. Il y a une friction légère entre ce qu’on veut dire et ce qu’on peut écrire à cette vitesse. Et cette friction, plutôt que de gêner, laisse l’espace pour que quelque chose d’autre émerge entre deux phrases.

Des chercheurs ont observé, par enregistrement de l’activité cérébrale, une connectivité plus étendue pendant l’écriture manuscrite que pendant la frappe au clavier, notamment dans des réseaux associés au traitement sensorimoteur. Ce n’est pas une promesse de réparation de l’attention. C’est une observation sur ce que le geste mobilise différemment.
(Van der Weel, F.R. & van der Meer, A.L.H. (2024). Handwriting but not typewriting leads to widespread brain connectivity. Frontiers in Psychology, 14:1219945.)

Ce qui compte, encore une fois, n’est pas le support. On peut écrire profondément sur un clavier et griffonner superficiellement sur du papier. C’est la qualité de relation qu’on construit avec l’acte.


Créer : rester jusqu’à ce que quelque chose existe

Dessiner, cuisiner vraiment, assembler quelque chose de ses mains, coudre, tailler, planter, construire, composer. Ce que ces gestes ont en commun n’est pas d’être analogiques. C’est d’imposer une résistance.

Une matière ne coopère pas toujours. L’argile se fissure. La couleur déborde. La note sonne faux. Cette résistance nous invite à rester. Elle donne une raison concrète de poursuivre plutôt que de glisser immédiatement vers le stimulus suivant. Quelque chose demande à être poursuivi et achevé.

Croquis au crayon sur une table en bois, symbole des activités créatives qui aident à retrouver le goût de la lecture.
Quand lire devient difficile, il existe parfois un détour plus doux : tracer, assembler, colorer, laisser une forme apparaître. Ces gestes lents ne remplacent pas la lecture. Ils peuvent simplement redonner à l’attention une matière où rester.

Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a passé des décennies à étudier les états d’absorption dans l’activité. Ce qu’il appelle le flow survient lorsque la difficulté d’une activité correspond suffisamment aux compétences de la personne : ni trop simple pour ennuyer, ni trop difficile pour décourager. Dans cet équilibre, l’attention s’engage complètement et le temps change de texture.
(Csikszentmihalyi, M. (2004). Vivre : La psychologie du bonheur. Robert Laffont.)

Une revue systématique de 25 études a relevé l’implication possible de structures liées à l’attention, aux fonctions exécutives et aux systèmes de récompense. Les résultats restent toutefois hétérogènes, et les mécanismes exacts sont encore incertains. Ce qui est clair : le flow n’est pas un état que n’importe quelle activité garantit. C’est une possibilité que certaines activités rendent accessible.
(Alameda, C., Sanabria, D. & Ciria, L.F. (2022). The brain in flow: A systematic review on the neural basis of the flow state. Cortex, 154, 348–364.)

Le flow et la lecture profonde ne désignent pas exactement le même phénomène. Mais ils partagent une expérience familière : celle d’une attention qui cesse momentanément de se diviser, parce que l’activité développe sa propre continuité. Et cette expérience rappelle au moins une chose : une autre qualité d’attention reste possible. On n’est pas condamné à passer indéfiniment d’un stimulus au suivant.


Une boucle plutôt que trois activités

Lire, écrire et créer ne sont pas trois boîtes séparées. Elles peuvent former un même mouvement, une boucle lente où chacune nourrit et prépare la suivante.

Voici ce que ça donne concrètement.

On lit une page. Une phrase attire l’attention, on ne sait pas encore pourquoi. On la recopie dans un carnet. Le fait de la transcrire à la main la dépose différemment. Puis on écrit quelques lignes à partir d’elle, pas pour résumer mais pour voir ce qu’elle réveille. Et si on a le goût de le faire, on lui associe une forme : un trait, une couleur, un schéma, un collage. Quelque chose de visible qui la matérialise.

Ce geste n’a pas de nom dans la littérature scientifique. J’appelle ça la boucle lente. Son intérêt n’est pas de promettre une amélioration neurologique. Il est de maintenir un même fil à travers trois gestes différents. La lecture permet de recevoir. L’écriture permet de transformer. La création permet de matérialiser. Et la trace créée donne parfois envie de retourner vers le texte.

Infographie La boucle lente présentant 4 étapes pour retrouver le goût de la lecture : lire une page, recopier une phrase, écrire à partir d’elle et lui associer une forme.
Quand lire devient difficile, il existe parfois un détour plus doux : lire une page, recopier une phrase, écrire quelques lignes, puis lui associer une forme. Pas une méthode. Un chemin pour retrouver le goût de la lecture sans se forcer.

On ne revient pas à la lecture en le décidant.
On y revient parfois par plus petit qu’un livre.
Un mot recopié. Un trait sur une page.
Et, par ce détour, le livre peut nous recevoir différemment.

Ce que cette boucle change, c’est qu’on ne demande plus à la lecture seule de tout résoudre. On lui offre deux étapes de réchauffement (j’en reviens au moteur). Et souvent, la lecture revient naturellement par ce détour.


Une pratique, pas une promesse neurologique

Il serait facile d’écrire que ces pratiques reconstruisent l’attention. Ce serait aller bien plus loin que ce que les recherches permettent d’affirmer.

Ce que la science observe de manière plus prudente : ces gestes mobilisent l’attention, impliquent des processus cognitifs et parfois sensoriels et moteurs, et sont associés à des indicateurs positifs de bien-être et de qualité d’expérience. Les bases neurales du flow impliquent des structures liées à l’attention, mais les mécanismes restent hétérogènes entre les études. La divagation mentale nuit à la compréhension en lecture, mais les causes de cette divagation sont multiples.

La formulation la plus juste : lire, écrire et créer ne traitent pas l’inattention. Ils créent des situations dans lesquelles on peut exercer le fait de rester, de revenir, et de poursuivre. En somme ils créent des endroits, et c’est déjà beaucoup.


Recommencer sans en faire une performance

Le risque, en lisant un article sur l’attention, c’est de transformer la conclusion en objectif supplémentaire. Lire plus, écrire tous les jours, créer quelque chose chaque semaine. Et d’ajouter de la pression là où il s’agissait d’en retirer.

Ce n’est pas ce que je propose.

Lire deux pages, n’importe lesquelles. Sans compter, sans timer, sans objectif. Juste deux pages, avec l’intention d’y être.

Écrire dix lignes sans les corriger. Pas pour produire quelque chose. Pour voir ce qui arrive quand on ralentit assez pour choisir les mots.

Fabriquer quelque chose pendant un quart d’heure sans chercher à le réussir. Dessiner sans vouloir dessiner juste. Cuisiner quelque chose de simple avec les mains. Assembler, plier, peu importe.

Ce n’est pas seulement l’activité qui compte, car sa difficulté, son intérêt et sa nature comptent tout de même. C’est l’intention de rester dans ce geste jusqu’à la fin de ce quart d’heure-là. Et parfois, au bout de ce quart d’heure, l’envie d’ouvrir un livre est revenue.


Pour aller plus loin dans la constellation

Ceci est le dernier article de la constellation sur l’attention et la lecture. Dans cette dernière tu peux également découvrir :

On ne transmet pas l’attention à ses enfants en leur imposant des livres. On la transmet en l’incarnant soi-même. Ce que la science dit et des gestes simples qui font vraiment la différence.

Transmettre l’attention à ses enfants : ce qu’on donne sans le savoir

Tu ne veux ou ne peux pas décrocher des écrans ? Voici ce que Hayles, Wolf et les sas attentionnels proposent pour retrouver une attention profonde.

Retrouver une attention profonde sans quitter les écrans

Pourquoi je n’arrive plus à penser par moi-même ? Certains philosophes ont déjà proposé des pistes pour comprendre pourquoi la pensée longue est devenue rare.

Pourquoi je n’arrive plus à penser par moi-même ?


Conclusion du refuge

Je ne suis pas quelqu’un qui lit beaucoup, au sens de la quantité. Ni quelqu’un qui écrit ou crée tous les jours par discipline (même si j’aimerais).

Je suis quelqu’un qui revient, régulièrement, vers ces trois gestes. Parce que chaque retour me permet quelque chose que le reste de la journée ne me permet pas : canaliser mes pensées.

Petit dessin artisanal posé sur une table en bois avec un livre fermé en arrière-plan, symbole des activités créatives qui aident à retrouver le goût de la lecture.
Une forme simple sur un morceau de papier, un livre posé plus loin, une lumière de fin de journée. Parfois, retrouver le goût de la lecture passe par un détour : créer quelque chose de modeste, puis revenir au texte avec une attention un peu plus disponible.

On ne retrouve peut-être pas son attention en décidant d’être plus concentré.

Je pense plutôt qu’on la retrouve en revenant assez souvent vers des gestes qui lui donnent envie de rester.

Prends soin de toi et de ce que tu fais de ta présence.

Voyageur ✨


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FAQ – Retrouver le goût de la lecture

Est-ce que l’écriture aide vraiment à retrouver sa concentration ?

Elle mobilise l’attention d’une façon particulière : elle oblige à choisir un mot, à maintenir un fil, à laisser une trace de ce qu’on pense. Elle n’est pas un traitement de l’inattention, mais elle crée des conditions pour rester dans quelque chose jusqu’à sa conclusion. Pour certaines personnes, commencer par écrire quelques lignes avant d’ouvrir un livre permet de préparer l’attention à ce qui va suivre.

Qu’est-ce que la boucle lente ?

C’est le nom que je donne à un enchaînement de trois gestes : lire une page ou quelques paragraphes, recopier une phrase qui a retenu l’attention, puis écrire quelques lignes à partir d’elle, éventuellement lui associer une forme dessinée ou collage. L’intérêt n’est pas neurologique. C’est de maintenir un même fil à travers plusieurs gestes, en offrant à la lecture un réchauffement avant de lui demander de tenir sur la durée.

Quelles activités créatives aident à retrouver sa concentration ?

Celles dont la difficulté est accessible, dont la progression est visible et qui donnent envie de poursuivre : dessin, cuisine, collage, musique, crochet, maquette, écriture, jardinage. Ce qui importe est moins l’activité elle-même que l’intention de rester dedans jusqu’à la fin de ce qu’on a commencé, même imparfaitement. C’est dans ce maintien que se pratique quelque chose de proche de l’attention soutenue.

Peut-on revenir à la lecture après des années de scroll ?

Oui, mais progressivement et sans certitude sur le rythme. Les difficultés de lecture ou de concentration peuvent avoir des causes très différentes : habitudes numériques, fatigue, anxiété, désintérêt pour le livre choisi. L’objectif n’est pas de forcer une capacité vers un niveau idéal, mais de multiplier les petits retours vers le texte, deux pages, une phrase retenue, un passage relu. Et parfois, le détour par l’écriture ou la création prend la lecture par le côté quand elle résiste de face.


Sources de l’article « Retrouver le goût de la lecture »

Van der Weel, F.R. & van der Meer, A.L.H. (2024). Handwriting but not typewriting leads to widespread brain connectivity. Frontiers in Psychology, 14:1219945.

Bonifacci, P. et al. (2022).  The relationship between mind wandering and reading comprehension: A meta-analysis. Psychonomic Bulletin & Review, 30(1), 40-59.

Sirisena, M. et al. (2025). Reading for wellbeing: a realist review of evidence. Health Promotion International.

Alameda, C., Sanabria, D. & Ciria, L.F. (2022). The brain in flow: A systematic review on the neural basis of the flow state. Cortex, 154, 348–364

Csikszentmihalyi, M. (2004). Vivre : La psychologie du bonheur. Robert Laffont. Traduction de Flow: The Psychology of Optimal Experience (1990).

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